Le Comité Communal de Protection de l’Enfant (CCPE) de Sèmè-Podji a tenu, le mercredi 25 mars 2026, sa première session annuelle à la mairie de la commune. Cette rencontre trimestrielle s’inscrit dans la dynamique nationale du renforcement du dispositif local de protection de l’enfance, en lien avec le Plan National de Protection de l’Enfant, avec pour ambition de consolider les mécanismes locaux de protection.
Réunissant les principaux acteurs du système de protection de l’enfance – autorités communales, services sociaux, forces de sécurité, représentants du Guichet Unique de Protection Sociale (GUPS) et partenaires techniques dont CIPCRE-Bénin – cette session a permis de faire le point sur les actions en cours et de renforcer la coordination des interventions.
A l’ouverture des travaux de cette session communale du CCPE, Roger GANKPIN, premier adjoint au Maire de Sèmè-Podji, a salué l’engagement des différentes parties prenantes en faveur de la protection des enfants, et surtout la forte implication du CIPCRE-Bénin à travers la mise en œuvre de son projet Briser les Chaînes du Travail et de l’Exploitation Domestique des Enfants (BC-TEDE). Il a insisté sur la nécessité d’une synergie d’actions pour faire face aux défis persistants dans le domaine.
Plusieurs interventions techniques axées notamment sur le fonctionnement des dispositifs de protection et l’amélioration du suivi des cas, ont marqué la rencontre de la présente session du CCPE de Sèmè-Podji. Dans son intervention, Olgésie HOUNSOU, cheffe du GUPS de Sèmè-Podji, a rappelé le rôle d’accompagnement de sa structure auprès des enfants en situation de vulnérabilité, tout en soulignant l’importance du travail collaboratif entre les différents acteurs. Par ailleurs, il a été évoqué au cours de la session la question de l’utilisation du système de gestion des données SIDoFFE qui se révèle comme un outil clé permettant de signaler et d’analyser les cas d’abus, de violences ou de disparition d’enfants. Selon Carlos MIGAN, point focal SIDoFFE pour la commune de Sèmè-Podji, des progrès notables comme l’implication davantage de structures dans la remontée des données, la mise en place de tournées de formation dans les structures déconcentrées pour la mise à niveau des acteurs sur le bon renseignement de la base de données et le respect des délais de transmission dans la majorité des cas. Cependant, quelques défis liés à la qualité des informations collectées (âge, sexe, etc.) sont à souligner.

Au-delà des aspects techniques, la session a permis de revisiter des notions fondamentales liées à la protection de l’enfant, notamment les causes et conséquences du travail des enfants, ainsi que les droits et devoirs des familles et des communautés. Un accent particulier a été mis sur le respect des dispositions du Code de l’Enfant au Bénin (Loi n° 2015-08), notamment en ce qui concerne l’interdiction des châtiments corporels et la déclaration des enfants confiés.
Cette première session du CCPE à Sèmè-Podji a débouché sur plusieurs acquis, dont une meilleure appropriation des outils de suivi, l’actualisation du plan d’action communal et le renforcement des capacités des acteurs impliqués. Elle a également permis d’identifier des défis opérationnels majeurs et de proposer des pistes de solutions adaptées. Comme recommandations formulées par les acteurs, on note entre autres le renforcement des moyens logistiques du GUPS, l’opérationnalisation du budget dédié au CCPE, la décentralisation des actions au niveau des arrondissements et l’intensification des actions de sensibilisation communautaire.
À travers cette rencontre, le CCPE de Sèmè-Podji réaffirme sa volonté de faire de la protection de l’enfant une priorité locale, en s’appuyant sur une approche concertée, participative et ancrée dans les réalités du terrain.
