La Mairie de Dangbo a servi de cadre ce mardi 10 mars 2026 à une formation des Agents de Santé Communautaire Qualifiés (ASCQ) et des Points Focaux Santé des mairies impliqués dans l’identification et l’enregistrement des enfants à risque de déficience nutritionnelle. Cette formation portant sur le dépistage précoce des déficiences est à l’initiative du CIPCRE-Bénin dans le cadre de sa mise en œuvre du projet de promotion de l’éducation inclusive et de l’empowerment des filles dans la basse vallée de l’Ouémé au Bénin (PEdIE-Filles) appuyé par ERIKS.
Ils sont une quarantaine de participants venus des quatre communes (Adjohoun, Bonou, Dangbo, Aguégués) de mise en en œuvre du projet PEdIE-Filles, mobilisés pour suivre cette formation dont l’objectif est de renforcer les capacités des Agents de Santé Communautaire Qualifiés (ASCQ) et des Points Focaux Santé des Mairies sur les stratégies de prévention et d’intervention contre la malnutrition chez les enfants en vue de réduire les facteurs de risques des déficiences.
Selon Igore Djossou Koutangni, Coordonnatrice du Champ d’Action « Droit des enfants et autres personnes vulnérables » au CIPCRE-Bénin, et chargée de projet PEdIE-Filles, la présente formation trouve sa pertinence au regard de bien de constats critiques établis sur la situation des enfants handicapés ou à risque de déficience. Les déficiences nutritionnelles chez les jeunes enfants sont rarement identifiées aux stades précoces, limitant les possibilités d’intervention et de réadaptation efficaces. De plus, les parents et les familles manquent d’information sur les signes d’alerte qui devraient les conduire à consulter un professionnel de santé, fait savoir la chargée de projet qui précise également que les relais communautaires et les Agents de Santé Communautaire Qualifiés (ASCQ) étant le premier niveau de contact entre les familles et le système de santé, possèdent des connaissances limitées sur le handicap et les stratégies de prévention et d’intervention contre la malnutrition chez les enfants.
Pour édifier les participants, cette session de formation a été animée par Gilbert Houessou, Point Focal Nutrition à la Mairie de Dangbo. Le formateur a développé trois modules en lien avec l’inclusion des enfants souffrant de déficience nutritionnelle dans la basse vallée de l’Ouémé au Bénin. Le premier module a porté sur les concepts clés : handicap, inclusion, vocabulaire adapté et importance de l’éducation inclusive. Le deuxième module consacré à la problématique de l’inclusion scolaire, a permis de mettre en lumière l’inadaptation de certaines infrastructures scolaires, y compris publiques, à la situation des personnes handicapées. À titre d’exemple, les bancs surélevés rendent difficile l’installation et le suivi des cours pour certains élèves. De même, les bosses, graviers et autres obstacles présents dans certaines cours d’école compliquent l’utilisation des fauteuils roulants. Et à cela s’ajoute l’absence d’infrastructures adaptées, comme les rampes d’accès ou les ascenseurs dans la majorité des établissements scolaires. Enfin, les participants ont eu droit à un troisième module sur les formes de malnutrition (dénutrition, carences en micronutriments, surpoids et obésité) et les principes de base de la nutrition. Et pour faire face à ce problème dans les communautés, plusieurs mets locaux et compositions alimentaires accessibles, riches en nutriments, ont été présentés aux participants comme solutions adaptées aux réalités locales.
Appréciant la session de formation organisée à leur intention, les participants témoignent de ce qu’ils ont internalisé : « Nous avons acquis des connaissances pratiques que nous allons désormais exploiter dans notre travail quotidien auprès des populations. Et sans être nutritionnistes, nous sommes désormais en mesure de recommander des aliments adaptés pour corriger certaines carences nutritionnelles » laisse entendre Edouard Zannou, ASCQ dans la commune des Aguégués. Enfin, ces ASCQ et Points Focaux Santé des Mairies ont promis de développer un certain nombre d’aptitudes dans leurs communes d’intervention. Il s’agira pour eux d’adopter une posture bienveillante, respectueuse et non stigmatisante envers les enfants handicapés et leurs familles ; promouvoir l’inclusion et lutter contre les préjugés et discriminations liés au handicap dans leurs communautés pour contribuer à la scolarisation de tous les enfants ; puis s’engager personnellement dans la mise en œuvre des actions de prévention et de détection précoce des déficiences. Il faut préciser qu’au terme de la formation, les participants ont élaboré un plan d’action pour la sensibilisation des parents et l’identification précoce des cas de déficience.
