PEdIE-FILLES
PEdIE-Filles : Promotion de l'Education Inclusive et de l'Empowerment des Filles dans la basse vallée de l'Ouémé au Bénin.
Contexte
Au Bénin, nombreux sont les enfants qui ne jouissent pas encore de leur droit à l’éducation. Depuis les indépendances, le système éducatif béninois a connu des perturbations dues aux politiques et réformes mises en œuvre. Les indicateurs socio-économiques globalement faibles illustrent un contexte de vie difficile et précaire pour une grande majorité de la population en général, et pour les enfants en particulier. Un tel contexte qui n’est pas favorable à la scolarisation universelle, génère une proportion importante d’enfants hors de l’école (déscolarisés ou non scolarisés). En effet, le document de la Stratégie de Renforcement des Alternatives Educatives au Bénin 2020-2025 (SRAE, 2020) indique que ”S’agissant des enfants hors de l’école, le diagnostic a révélé que 43,4% des 3 à 17 ans, soit 1 903 069 enfants et 38% des 5 à 24 ans sont hors du système éducatif et que parmi ceux-ci, 3 enfants sur 10 n’ont jamais été scolarisés et 1 enfant sur 10 a été scolarisé mais a abandonné”. Parmi ces enfants hors de l’école (EHE), on retrouve deux catégories particulièrement discriminées et exclues constituées d’enfants handicapés et d’enfants victimes de travail et d’exploitation domestique. Et, en présence des facteurs socioculturels défavorables, les filles sont les plus vulnérables. Le nombre des enfants handicapés est estimé à 41 500 (SITAN, UNICEF/Bénin, 2017), alors que l’enquête MICS 2021-2022, a dénombré 37 810 enfants handicapés[1] de 02 à 17 ans ayant des difficultés fonctionnelles dans au moins un domaine. Les statistiques globales sur la protection de l’enfant de la base du Système Intégré des Données relatives à la Famille, la Femme et l’Enfant (SIDoFFE, Nouvelle Génération), font état de 21 385 enfants en situation difficile depuis 2020 ; parmi eux, seulement 582 enfants handicapés y figurent ; ce qui traduit l’insuffisance des données concernant le handicap.
Malgré les divers efforts de l’Etat et de plusieurs acteurs de la société civile, ces enfants continuent d’être victimes de diverses exclusions sociales et scolaires. Le département de l’Ouémé pris dans son ensemble présente souvent de bonnes performances en matière d’éducation. Mais en son sein, de très fortes disparités sont enregistrées notamment des contre-performances dans les Communes de la Basse-Vallée de l’Ouémé : Adjohoun, Aguégués, Bonou et Dangbo; Aguégués et Bonou étant les moins pourvus. Par exemple, l’annuaire statistique 2022-2023 indique que le Taux Brut de Scolarisation[1] (TBS) du Département de l’Ouémé est 160,24% loin devant le niveau national qui est de 117,94% alors que : (i) le TBS de la Basse Vallée de l’Ouémé (BVO) est 98,06% (100,16% pour les garçons et 95,83% pour les filles) ; (ii) à l’intérieur de la BVO, le TBS de la Commune des Aguégués est 51,01% (52,07% pour les garçons et 49,89% pour les filles), faisant d’elle l’avant-dernière sur le plan national, avant Karimama (48,42%). Cependant, des problèmes majeurs subsistent et concernent :
- L’insuffisance des opportunités de formation des enseignants, le manque de matériels et supports didactiques appropriés, l’inexistence d’une Stratégie Nationale de l’Education Inclusive, etc., notamment dans les écoles ordinaires qui accueillent les enfants handicapés ;
- la faible application des dispositions opérationnelles de prévention et de dépistage précoce des déficiences dans les communautés et dans les écoles primaires ;
- l’application non satisfaisante de l’accessibilité suivant la norme Atteindre Pénétrer Circuler Utiliser dans les établissements scolaires, par tous les acteurs (les parents et les communautés, les mairies et les acteurs du MEMP) ;
- l’insuffisance d’alternatives éducatives : seule la Commune de Dangbo dispose d’un programme de cours accéléré (PCA) piloté par la Mairie ;
- la persistance des perceptions négatives du handicap et des personnes handicapées : dans plusieurs autres villages de la BVO, bien des parents continuent de cacher leurs enfants handicapés et des termes péjoratifs relatifs aux personnes handicapées sont toujours employés ;
Concernant le sous-secteur des alternatives éducatives en particulier l’approche de Centre d’Education Communautaire (CEC), constitue l’un des nouveaux chantiers de l’Etat pour lequel l’adoption de la Stratégie de Renforcement des Alternatives Educatives serait une grande avancée pour le système éducatif béninois. Les enfants enrôlés sont de la tranche d’âge de 9 à 15 ans dans une forme de scolarisation en français et/ou en langues nationales, associée parfois à la préprofessionnalisation.
Au regard de ces nombreuses situations qui hypothèquent le respect des droits de l’enfant, notamment le droit à l’éducation, à la participation, à la protection, le droit à un environnement sain, les actions doivent se poursuivre en vue de l’effectivité de l’éducation inclusive tout en mettant l’accent sur l’écocitoyenneté et l’empowerment des filles (la participation, les compétences de vie courante, la prise et la mise en œuvre d’initiatives). Par ailleurs, les alternatives éducatives restent et demeurent une nécessité pour le renforcement du système éducatif en vue de l’atteinte de l’Objectif de Développement Durable 4.
Ainsi, le projet PEdIE-Filles va se baser sur des acquis tels que la synergie d’action des OSC dans le cadre des actions d’influence des pouvoirs publics, la prise de conscience des parents sur l’importance de la scolarisation de tous leurs enfants, l’adoption d’un langage adapté au handicap par les cibles et surtout l’engagement des pairs éducateurs (PE) des organisations d’enfants à promouvoir leur droit à l’éducation, à la protection contre les VBG, à un environnement sain.
Le taux brut de scolarisation est le nombre total des inscriptions dans un niveau spécifique d’éducation, sans distinction d’âge, exprimé en pourcentage de la population officiellement scolarisable au même niveau pour une année scolaire donnée.
Objectif du projet
Les filles et les garçons, y compris les enfants handicapés au Bénin et surtout dans les quatre (4) Communes de la basse-vallée de l’Ouémé, bénéficient d’un cadre favorable à l’éducation inclusive, à leur protection contre les violences basées sur le genre et à leur participation à la promotion de leurs droits notamment pour les filles.
Principales activités du projet
Activité de mobilisation sociale pour la promotion des droits de la fille et de l’éducation inclusive par les confessions religieuses à travers :
- Des campagnes médiatiques et digitales et des campagnes de mobilisation interreligieuse (MIR) pour sensibiliser les fidèles afin de combattre les violences faites aux filles et basées sur le genre; la violation des droits des enfants issus des familles démunies, la stigmatisation des enfants handicapés et des préjugés à leur égard et promouvoir une image positive de ces enfants animées par les correspondants des communautés de foi et leaders religieux.
- Des plaidoyers sur l’éducation inclusive des enfants dans tous les villages. Lors de ces sensibilisations, ils prennent des initiatives endogènes (dons d’argent, prise en charge des enfants inscrits aux CEC, prise en charge des victimes, informations sur pratiques religieuses et socioculturelles favorables aux droits de l’enfant.
Activités de promotion des alternatives éducatives (Speed School) par les communautés :
- Contribution à la récupération des enfants déscolarisés et non scolarisés et leur retour durable dans le système éducatif formel à travers la mise en place et l’accompagnement des Centres d’Education Communautaires (CEC) tenus par des facilitateurs-trices des CEC sur la pédagogie explicite en français et en mathématique.
- Formation des membres des comités de gestion des CEC formés sur leur rôle et les thématiques liées au projet.
Activités de sensibilisation des parents sur la scolarisation ou la formation professionnelle des filles et des enfants handicapés et sur les signes d’alerte et retard de développement chez l’enfant à travers :
- Les sensibilisations, les dialogues communautaires en direction des familles et des communautés et la transformation sociale sont réalisées par les relais communautaires et Agents de Santé Communautaire Qualifiés (ASCQ) formés sur les thématiques pertinentes en vue d’assumer pleinement leurs responsabilités vis-à-vis des enfants et à contribuer à l’éducation inclusive dans un environnement sain et protecteur des enfants.
- Identification et référencement des enfants vulnérables (enfants handicapés, enfants déscolarisés et non scolarisés), etc pour la prévention et le dépistage précoce des déficiences surtout lors de la campagne de visite médicale des écoliers.
Pour l’amélioration du système éducatif par les ministères en charge de l’enseignement primaire et secondaire (MEMP et MESFTP), des affaires sociales (MASM), de la législation (MJL) et de la santé publique (MS), des mesures appropriées des actions d’influences s’imposent.
Activités d’influence des systèmes nationaux d’éducation et de protection des enfants pour l’atteinte des indicateurs du projet :
- Des actions d’influence (en consortium d’OSC du secteur de l’éducation) continuent avec l’implication de la plateforme des PTF pour garantir la qualité des services et des livrables afférents.
- Des rencontres de travail seront organisées chaque année, d’une part entre les ONG du Comité de Promotion de l’Education Inclusive (CP/EI), le MEMP le MS, le MASM et la plateforme des PTF du secteur de l’éducation pour échanger sur la nécessité et l’accessibilité des données statistiques informatisées d’une part et d’autre part sur le fonctionnement du SIGE actualisé (mise en œuvre d’un plan de travail du MEMP).
Activités de renforcement de capacités pour un enseignement inclusif à travers :
- Une série de formations au profit de divers acteurs du système éducatif, notamment le pool de formateurs en éducation inclusive, au niveau du MEMP (inspecteurs et conseillers pédagogiques) ainsi que les directeurs d’écoles et les enseignants qui vont porter sur les pratiques éducatives et pédagogiques en inclusion scolaire, la communication adaptée, le déplacement des personnes handicapées, les Matériels Pédagogiques Adaptés (MPA), la protection de l’enfant, etc.
- Renforcement des capacités pour d’améliorer leurs pratiques professionnelles vis-à-vis des enfants en mettant l’accent sur l’éducation inclusive et une amélioration de la qualité de l’enseignement pour tous les élèves.
Résultats obtenus
Le projet de promotion de l’Education Inclusive et de l’empowerment des filles dans la basse-vallée de l’Ouémé au Bénin (PEdIE-Filles) démarré en janvier 2025 et lancé officiellement le 20 mai 2025 pour une durée de trois (3) ans, vise à contribuer au renforcement de l’effectivité de l’éducation inclusive de qualité au Bénin, à travers :
- le renforcement des capacités des enfants et un appui à leurs initiatives ;
- l’appui-accompagnement des acteurs locaux dans les 4 Communes de la Basse-Vallée de l’Ouémé (BVO), notamment dans les 50 villages par des renforcements des capacités des enseignants, des parents, des communautés ;
- l’appui à la mise en place d’Alternatives éducatives à travers l’animation de Centres d’Education Communautaires (CEC) ;
- l’influence des politiques publiques nationales par des actions de plaidoyer, en alliances stratégiques.
Témoignage
«Au jourd’hui, quand je rencontre un enfant handicapé, même si je suis entrain de marcher lui, de ramper, je vais attendre pour l’aider. Parce que grâce au travail du CIPCRE-Bénin, j’ai appris à accepter les personnes handicapées et à vivre avec elles ».
Moïse KOUDENOUKPO, Chef du Gouvernement Scolaire de l’EPP Akokponawa, dans la commune de Dangbo
Partenaires du projet
ERIKS DEVELOPMENT PARTNER : organisme suédois dont le bureau régional est à Ouagadougou pour couvrir ses trois pays d’intervention en Afrique de l’Ouest : Burkina Faso, Mali et Bénin, dont le Bureau Pays est basé à Abomey-Calavi.
Informations clés
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Nom du projet : Projet de Promotion de l’Education Inclusive, de l’Empowerment des Filles dans la basse-vallée de l’Ouémé au Bénin (PEdIE-Filles)
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Niveau national : Activités d’influence des politiques publiques (systèmes officiels d’éducation inclusive).
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Niveau local : Actions de proximité dans la Basse-Vallée de l’Ouémé (BVO) : 4 Communes (Aguégués, Adjohoun, Dangbo et Bonou) pour les activités de proximité dans 50 Villages et 109 établissements scolaires (80 écoles primaires et 29 CEG).
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Public cible: Enfants handicapés, Enfants Hors de l’Ecole, filles, et enfants vulnérables
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Domaines d’intervention: Education inclusive, Education à l’écocitoyenneté et la protection des enafnts en particulier des filles.
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