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CIPCRE-Bénin : 1993 – 2019 : 26 ans d’engagement pour un Bénin plus humain, sain et vert.

Promotion des Droits Humains, un secteur d’intervention clé de CIPCRE-Bénin

 

INTRODUCTION

Le Cercle International pour la Promotion de la Création (CIPCRE-Bénin) est une ONG d’obédience chrétienne intervenant sur deux axes stratégiques : la préservation de l’environnement et la promotion des droits humains. Au titre du second axe stratégique, les actions menées se rapportent à la promotion de l’équité genre, la lutte contre les violences faites aux femmes, la protection des enfants et en particulier la lutte contre l’exploitation et/ou l’abus sexuels des enfants.

C’est ainsi que, suite à une étude réalisée en 2008 sur la Traite des Enfants à des Fins d’Exploitation Sexuelle au Bénin, une vaste campagne nationale a été organisée en 2009-2010 contre ce fléau. Au terme de cette campagne, et au regard des sollicitations des populations bénéficiaires, le CIPCRE-Bénin a élaboré des projets ciblés dans les départements de la Donga (Nord-Bénin) et de l’Ouémé (Sud-Bénin) pour contribuer à la Mise en place d’un environnement protecteur contre l’exploitation et l’abus sexuels des enfants au Bénin, et ce avec l’appui technique et financier successif de‘’Pain Pour Le Monde (PPLM)’’, KiRA et le Gouvernement allemand (BMZ).

I-                   STRATEGIES D’INTERVENTION

-          Alliance stratégique de réseautage : Avec les OSC (ONG et Associations diverses) : pour la mobilisation sociale, synergie d’actions et de plaidoyer en direction de l’Etat et les Communes pour l’amélioration des conditions-cadres concernant des aspects spécifiques ;

-          Alliance stratégique de complémentarité: pour la prise en charge / réhabilitation des victimes (notamment avec les ONG ESGB/La Passerelle et Action Plus) ;

-          Implication/Responsabilisation des Confessions religieuses : pour la mobilisation sociale et l’organisation du plaidoyer;

-          Responsabilisation des acteurs par la mise en place et/ou l’appui-accompagnement des comités de veille, des personnes relais (adultes et jeunes) ;

-          Forte implication des médias pour une large diffusion des informations sur le fléau et les mesures appropriées ;

-          Suivi rapproché des engagements des différentes cibles.

II-                REALISATION

Plusieurs activités sont menées avec différentes cibles dans le cadre de la lutte contre les abus sexuels au Bénin et spécifiquement dans la Donga et l’Ouémé.

Cibles:

-           Représentants de l’Etat et des communes {Fonctionnaires des services centraux et déconcentrés de l’Etat au niveau communal/ départemental (y compris policiers et gendarmes) : DFEA, OCPM, DPJ, R/CPS, CCS, CB, médecins-chefs, DD/Famille, Service Social du tribunal, juge des mineurs ; Maires et conseillers communaux, responsables des services communaux ; Elus locaux (conseillers et chefs de quartiers/villages) ; Chefs d’établissements primaires et secondaires, Personnes relais (enseignants) du public et du privé} 

-          Représentants de la Société civile et des médias {Leaders des confessions religieuses et de groupes traditionnels; Têtes couronnées, sages/notables ; Représentants d’ONG, ou de centres d’accueil ; Leaders de groupes locaux/associations de développement/ d’organisations communautaires de protection de l’enfant/ associations professionnelles ; Personnes des villages ; Responsables des associations de parents d’élèves de 25 écoles ; Artisans ; Personnes Relais des fifférents groupes(société civile) ; Responsables de médias et journalistes}.

-            Enfants et plus particulièrement des filles {Enfants des clubs et des établissements scolaires, de même que des jeunes ; Pairs éducateurs des clubs/groupes d’enfants, associations ou mouvements de jeunesse}.

 

Actions avec les OSC

  • La tenue des séances de sensibilisation et des sessions de formation à l’endroit des représentants des OSC et des médias
  • L’organisation de campagnes annuelles de mobilisation interreligieuse(MIR) impliquant toutes les confessions religieuses : Eglise Catholique, Eglises Méthodistes, Eglises Evangéliques, Eglise du Christianisme céleste, Communauté Islamique et les Cultes et Religions Endogènes ;
  •  L’élaboration d’un canevas Type de Charte de bonnes pratiques en milieu scolaire, par les différents acteurs de l’éducation (communauté scolaire, DDEMP [Direction départementale de l’enseignement maternel et primaire], DDESFTPRIJ [Direction départementale de l’enseignement secondaire de la formation technique et professionnelle et de la reconversion  et d’insertion des jeunes], DDFASSNHPTA [Direction départementale de la famille, des affaires sociales, de la solidarité nationale, des handicapés et des personnes du troisième âge], DFEA [Direction de la famille, de l’enfance et de l’adolescence], FENAPEB [Fédération nationale des parents d’élèves du Bénin], CIPCRE-Bénin) 

Actions avec les acteurs Communaux

  • L’organisation de plaidoyers à l’endroit des responsables locaux des communes de concentration (Ouémé et Donga) ;
  • Formation des fonctionnaires communaux et appui institutionnel aux Communes pour la mise en œuvre de leurs plans de travail pour la protection des enfants ;

Actions avec les structures de protection des enfants (étatiques et non étatiques)

  • Participation du CIPCRE-Bénin au réseau ReSPESD : concertation entre les ONG intervenant sur la protection des enfants et définition des mécanismes de synergie d’action ;
  • Travail en synergie entre CIPCRE-Bénin et les centres de promotion sociale, les brigades,
  • Participation à l’animation des Cellules de Suivi et de Coordination pour la Protection de l’Enfant dans les départements et dans les Communes (CDSCPE et CCSCPE) ;
  • Rencontres d’échanges avec les acteurs des services déconcentrés de l’Etat ; etc.

 Actions avec les enfants :

  • Identification et formation des pairs éducateurs du milieu scolaire (les élèves) et non scolaire (les apprentis artisans et des clubs de jeunes) ;
  • Sensibilisations des élèves dans les établissements scolaires (primaires et secondaires) ;
  • Organisation de visites d’échange aux groupes/organisations de jeunes
  • Mobilisation des enfants et des adultes à l’occasion de la célébration des journées officielles dédiées à l’enfant ; etc.

Actions média :

-          Sensibilisation des responsables de médias ;

-          Formation des journalistes et animateurs ;

-          Signature et gestion des contrats de collaboration avec les organes de presse (radios, journaux et TV) pour la visibilité et une large information sur les activités du projet ;

-          Animation des émissions radios et télévisuelles par les parents, les leaders religieux, les pairs éducateurs, les Ombudsmans ;

-          Elaboration et diffusion des communiqués radio, des spots radio et TV ;

-          Publication d’articles dans les Journaux (Municipal, Matinal, Télégramme) ;

-          Réalisation de supports didactiques tels que les affiches ; la plaquette d’éducation par les pairs ; le fascicule explicatif sur la thématique et les textes de loi protégeant les enfants ; édition d’un bulletin trimestriel d’information ‘’Protégeons nos enfants’’ des banderoles permanentes et occasionnelles, etc.

I-                   RESULTATS ET EFFETS OBTENUS

-          Des enfants et des jeunes connaissent leurs droits et leurs obligations, les situations de danger pour eux-mêmes et se familiarisent de plus en plus avec les mécanismes de protection et d‘aide adéquats.

-          La mise en place d’une nouvelle appropriée de protection des enfants en milieu scolaire (Charte de Bonnes Pratiques) ;

-          Les conseils communaux des zones de concentration commencent à promouvoir et soutenir davantage des actions et des mesures (dans leurs communes) qui aident à protéger les enfants contre l’abus sexuel des filles :

  • Engagement solennel des Maires ;
  • Mise en place des ombudsmans ;
  • Elaboration et mise en œuvre de plans de travail ;
  • Prise d’actes administratifs (vidéo clubs, etc.) ;
  • Installation et/ou dynamisation puis appui au fonctionnement des CCSPE ;

-          les personnes relais adultes s’engagent activement dans leur entourage pour le respect des droits de l’enfant et pour la lutte contre l’abus sexuel des filles par des actions ciblées ;

-          les groupes/organisations de la société civile sensibilisés et formés tiennent compte des droits de l’enfant dans leurs actions et s’engagent dans leurs propres groupes cibles pour la lutte contre l’abus sexuel et les violences faites aux enfants ;

-          des stations de radio initient elles-mêmes des émissions sur le thème de l’abus sexuel des filles

-          La coopération entre les différents acteurs (étatiques et non étatiques) permet d’une part de renforcer la prévention et d’autre part de mieux gérer les cas d’abus sexuels qui surviennent malgré tout

 

En termes d’effets et d’impact, les évaluations faites en janvier 2013 (dans l’Ouémé) et en juin 2013 (dans la Donga) ont noté ce qui suit :

 

-          les dénonciations et le soutien pour que les délinquants soient sanctionnés, ce qui culturellement ne se faisait pas,

-          le soutien psycho-social et l’accompagnement des victimes, puis leur soutien pour la poursuite de la scolarité ou de leur formation professionnelle, ce qui par le passé constituait une honte pour les familles concernées,

-          plusieurs témoignages ont fait état de nouveaux comportements, particulièrement l’instauration et l’animation de dialogue entre les parents et les enfants, ce qui est contraire au passé où le système d’éducation était parqué essentiellement par l’injonction et par l’interdiction avec une attente d’obéissance absolue

-          Au niveau des collèges, un effet a été la diminution des cas de grossesses. Exemples :

  • au CEG de Ouaké, 15 cas en 2013 contre 80 en 2012) ;
  • dans l’Ouémé, en 2011, il y avait respectivement à Adjohoun 29 cas de grossesses, à Affamè 12 et à Dangbo, 12. En 2012, il y a eu respectivement 5 cas, 2 cas et 2 cas de grossesses ;
  • etc.

CONCLUSION ET PERSPECTIVES

 

Aujourd’hui grâce aux interventions du CIPCRE-Bénin, le silence est rompu autour du mal rampant qui avilit nos enfants ; les acteurs sensibilisés et formés sont engagés pour la cause et ont identifié eux-mêmes des mesures idoines susceptibles d’endiguer le phénomène ; le changement de comportement des populations se traduit par des dénonciations, des témoignages, des élans de sanctions des auteurs, des prises d’initiatives et la veille sur les enfants surtout par les parents, les personnes relais, les pairs éducateurs, etc.

 

Il est noté des avancées significatives dans le recul de ce fléau. Cependant, des problématiques sérieuses subsistent encore :

-          la faible capacité d’action de certaines cibles notamment des personnes relais, des mairies, des brigades de gendarmerie et même de certains centres de promotion sociale, limite leurs ardeurs rendant ainsi faible le niveau de répression des auteurs et la prise en charge suffisante des victimes ;

-          certaines dimensions cachées du phénomène (l’envoutement par exemple) ;

-          la non-réglementation de la diffusion des supports et médias à connotation sexuelle influençant négativement les enfants et même les adultes ;

-          l’existence de situations structurelles d’éloignement/isolement des enfants de leurs parents, de manque de dialogue et de suivi de la part des parents ;

-          la pauvreté réelle ou supposée de certaines familles en matière de satisfaction des besoins de leurs enfants ; ces derniers deviennent alors plus vulnérables aux facteurs de risques, etc.

 

Le CIPCRE-Bénin se propose alors de poursuivre la lutte contre les abus sexuels en appuyant les acteurs à divers niveaux pour le ‘’Renforcement de l’Institutionnalisation des Conditions Cadres locales pour la Protection des Enfants contre les abus sexuels’’ à travers un programme intitulé RICAPE pour le triennat 2014 – 2016.